• Mais là où je m'en vais il fait un froid mortel
    Pierre Reverdy

    Prologue
    Parfois, elle eût préféré que cela n'arrivât pas.
    Mais l'évènement était aussi incontournable que sa propre naissance. Toute sa personne y tendait... allait vers... sans que rien ni personne ne put l'empêcher.
    Et maintenant sa vie ne tenait qu'à un fil, au fil du pendule qu'elle était devenue.
    En elle, comme une oscillation prise dans un mouvement en vrille. Un pantin tout gonflé d'importance est debout sur une escarpolette Tout en se balançant, il monte et descend le long d'un axe vertical et tourne doucement grâce à une poussée toujours renouvelée, donnée légèrement sur le côté, comme par inadvertance. C'est un rythme chaque fois subtilement différent en sa force et sa cadence et pourtant fondamentalement identique car procédant de l'unique source, cueillant une succession d'émotions réelles tout autant que simulées puis sublimées, toutes en même temps, les unes après les autres, les avalant tout en les dégurgitant comme si elles devenaient nourriture et ceci pendant si longtemps que le temps s'y perd.




     

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